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 Agressivité naturelle, et violence sociale "animal"

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Apo
Kipik
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MessageSujet: Agressivité naturelle, et violence sociale "animal"   15/5/2011, 20:15

Agressivité naturelle, et violence sociale « animal »


Jacques LÉAUTÉ

La différence entre l’agressivité naturelle et la violence sociale est un thème qui a été abordé par de nombreux observateurs de la société contemporaine.
A son sujet, Konrad LORENZ a formulé une théorie que je rappellerai avant de savoir si celle-ci rend compte, à l’heure actuelle, du phénomène en présence duquel nous nous trouvons.

La thèse de Konrad Lorenz est que la nature des animaux comporte de manière universelle une part bénéfique d’agressivité qui, chez les humains, à cause de la vie en société des hommes, s’est déréglée. Selon lui, il s’est produit un déraillement humain de certains instincts qui, dans le monde animal, empêchent l’agressivité de nuire à la survie des espèces. J’apprécie la poésie -peut-être involontaire, mais je n’en suis pas sûr -de Konrad Lorenz dans deux de ses illustrations du rôle de l’agressivité animale. L 'une concerne les poissons rouges " corail " et l’autre se rapporte aux mouettes" rieuses «.

Agressivité interne et agressivité externe :
Les thèses de K. Lorenz

S’agissant de la première, Konrad Lore z rapporte qu’il a placé quatre poissons rouges " corail " dans un aquarium où il a mis, d’autre part, 92 poisson s d’une autre espèce. La population totale de l’aquarium était ainsi de 96 poissons. Il a fixé son attention sur l’agressivité d’un des quatre poissons-corail. Il a compté combien de fois ce poisson-corail avait mordu ses congénères, c’est-à-dire les trois autres poissons -corail, et combien de fois il avait mordu les 92 autre s poissons qui n’étaient pas de son espèce. Ce fut pour lui une manière de comparer la fréquence de l’agressivité des poissons de couleur corail à l’intérieur de l’espèce et celle de l’agressivité à l’extérieur de l’espèce.

Konrad Lorenz a constaté que le poisson rouge " corail " avait mordu en tout 15 fois des poissons de l’autre espèce et qu’ 'il avait mordu 85 fois les trois pauvre s poissons-corail de sa propre espèce.
L’expérience illustre deux faits intéressants. L'un est l’existence de deux sortes d’agressivité naturelle.
Il y a une agressivité à l’intérieur de la même espèce et une autre entre les espèces différentes. Chacun e remplit des fonctions naturelles différentes que Konrad Lorenz a judicieusement analysées. Entre les espèces, la relation est celle du prédateur et de la proie. L a chasse et la pêche permettent la nourriture d’une espèce par la chair d’autres espèces. L’agressivité du prédateur se double parfois d’une agressivité de la proie qui protège ainsi elle ou les siens contre le prédateur.

Toutes sortes d’anecdotes sur la vie animale le montrent ; les corbeaux par exemple, les "choucas " se réunissent t en bandes pour combattre leurs prédateurs qui sont les hiboux. Alors les victimes potentielles font masse e t agressent leurs assaillants. Chacun sait par ailleurs que, dans une couvée, la femelle, quand elle y est acculée par un prédateur, défend sa progéniture avec une énergie désespérée. Cette agressivité entre les espèces, la nature l’a voulue.

La nature a aussi voulu qu’existe une agressivité à l’intérieur de l’espèce. Celle-ci assume plusieurs fonctions. L’une est la formation de la hiérarchie.
Dans la Déclaration des droits de l ' Homme de 1789 i l est dit que les hommes "naissent égaux en droit " ; les animaux, eux, naissent inégaux et une hiérarchie s’établit au sein des diverses sociétés animales. Chez les poules par exemple, il y a l’ordre du " coup de bec «, le " pecking order " des Anglais ou des Américains. L’agressivité au sein de l’espèce se manifeste aussi par le fameux combat des mâles pour les femelles, autre fonction qui permet au plus robuste, au " meilleur " au point de vue de l’eugénisme, d’être. Le premier à féconder la femelle et d’assurer pour l’espèce la meilleure reproduction.
L’agressivité constitue aussi un moyen de défendre le territoire. Chaque individu ou chaque groupe d’individus de beaucoup d espèces défend son territoire qui est son domaine de chasse ou de pâturage et son lieu d’exclusion des autres individus ou groupes de la même espèce.

Le second fait illustré par l ' expérience des poissons-corail est au moins dans cette espèce - la plus grande agressivité à l ' intérieur de l ' espèce que vis-à-vis des autres espèces . Lorenz ne juge pas ce cas unique. D’autres observations l ' amènent à constater la fréquence de cette prévalence dans le monde animal en général de l'agressivité interne sur l'agressivité externe . C ' est ici que la seconde partie de la thèse de ce Prix Nobel s ' illustre par l ' autre exemple annoncé plus haut, celui des mouettes-rieuses.

Je n’ai jamais vu ces mouettes. Il parait qu’elles ont un bec rouge et des plumes bleues-noires sur la face. Comme pour tous les animaux, la hiérarchie s’y établit par une épreuve de force. Le combat entre deux mouettes rivales sur l ' eau est un combat féroce .
Les mouettes, à l'instar de beaucoup d'oiseaux, se battent entre elles à coup de bec sur le haut de la tête. A un moment donné, quand le combat est très avancé et qu’une des deux mouettes est sur le point d’être vaincue et en danger d’être tuée, cet animal baisse la tête.
Or, le dessus de la tête des mouettes-rieuses est fait de plumes blanches. Il en résulte que, pour la mouette victorieuse, qui a toujours le bec haut, la couleur qui se trouve devant ses yeux change. Le stimulus produit par la couleur varie aussi. Ce n’est plus le stimulus d’agressivité provoqué par le jeu du rouge et du bleu - noir. Mais, à l'instar du drapeau de l’armistice, le stimulus du blanc et de la paix. Dès le moment de ce changement, le combat cesse. La vaincue est épargnée, mais la hiérarchie est établie.

La grande idée de Konrad Lorenz est que, dans l’agressivité naturelle des animaux, l’instinct de conservation de l’espèce permet d'éviter que l’agressivité détruise des membres de l’espèce. Toujours existe un signal qui permet d’arrêter à temps l’agressivité.
Ce signal, on l’observe aussi par exemple chez les loups, les chiens-loups et même les autres chiens. Quand ils se battent, ils montrent leurs crocs ; leur crinière est hérissée afin d'empêcher leur adversaire de mordre leur colonne vertébrale et leur cou. Mais, là aussi, à un moment donné, un des animaux, comme fait la mouette -rieuse, baisse la tête. Il offre alors son cou aux crocs de l’animal victorieux en face de lui, lequel pourrait, s’il le voulait, en profiter pour le tuer. De nouveau, la nature empêche ce geste. A la place de l’acte mortel, un geste de simulation prend place. Le victorieux fait semblant d’achever la victime. Par une sorte de comédie, il mord dans le vide, à côté de la nuque, mais non pas sur la nuque. Cette ritualisation qui détourne de la mise à mort d’un congénère n’est pas rare. Konrad Lorenz la présente au contraire comme générale. Il y voit une manifestation essentielle de l'instinct de conservation. Chaque espèce protège ainsi les membres de son espèce. Elle se garde d'en diminuer elle-même le nombre.

Selon Konrad Lorenz, ce mécanisme animal de préservation n’a pas lieu chez l’homme. Les luttes vont souvent jusqu’à la mise à mort. Aucune ritualisation ne les arrête : les guerres en sont la preuve, les meurtres en sont l’évidence. L’instinct a disparu qui protège l’espèce et qui arrête les suites de l’agressivité.
Le monde humain est différent du monde animal. L’agressivité n’est plus naturelle. Elle est devenue ce que j’appelle, pour faire la différence, une violence de société humaine, une violence sociale. Konrad Lorenz dit de notre agressivité qu’elle a « déraillé ».

Cette violence exterminatrice à l’intérieur de notre espèce s’accompagne d’une autre violence de même caractère à l’égard des autres espèces vivantes.
Nous sommes presque les seuls à faire disparaître d’autres espèces animales. Nous ne faisons pas comme les lions dont Konrad Lorenz écrit qu’il y a longtemps qu’ils seraient tous morts de faim s’ils avaient mangé toutes les gazelles de sorte qu’il ne s’en reproduise plus. Ils n’anéantissent pas l’espèce des gazelles. Un équilibre des espèces existe dans la nature. Nous, nous détruisons au contraire l’équilibre naturel.

La thèse de Konrad Lorenz a vieilli. Elle est excessive, et l’on a pu montrer qu’elle comporte des exceptions. D’un côté, à l’intérieur de certaines espèces, il y a des mises à mort. Chez les lions, par exemple, quand un jeune lion évince un vieux lion de son harem de vieux lion, non seulement le jeune lion tue l’ancien maître du harem mais, étrangement, au moins dans certains cas, il met à mort des lionceaux issus du vieux lion afin que celui-ci n’ait pas de descendance, semble-t-il.

L'histoire humaine de la seconde moitié du XXème siècle, d’un autre côté, dément en partie le pessimisme de Konrad Lorenz sur le déraillement de l’agressivité dans les sociétés humaines. La guerre n ' a certes pas disparu. De nombreux conflits ont eu lieu. D'autres sont hélas en cours. Mais le déraillement de l’agressivité par les guerres mondiales n ' a pas continué. Il n’y a pas eu de troisième guerre mondiale depuis la découverte de la bombe atomique. La terreur suprême qui serait la destruction de l’espèce humaine par les bombes atomiques l’a empêché. Il s’est écoulé plus de temps de paix depuis la Seconde guerre mondiale qu’entre le premier et l e second des conflits mondiaux. Peut-être une fraction de l’instinct de conservation humaine est-elle revenue en présence du risque gigantesque d’une mort de l’Humanité ?

D'autres thèses sur la violence : du mal originel à la violence politique

Si la théorie de Lorenz est excessive, le fond du constat n’en reste pas moins exact. La violence humaine, dont Robert Mallet disait si justement qu’elle n’est pas simplement celle des criminels, mais de nous tous, notre violence, s’explique peut-être par le vieux recours à la notion du Mal. Ce qu’il y a de maléfique dans la société humaine est alors la cause de notre violence sociale si différente de l’agressivité naturelle.
La violence n’est, dans ce cas, qu’un aspect d’une question plus générale et typiquement humaine celle du Mal.
Il n’y a pas de crime chez les animaux. Peut-être est - ce parce que, eux, n’ont pas conscience du Mal ?

La première explication du caractère spécifique - ment humain du Mal est celle de la Bible. Le Mal est dû au Péché originel, péché transmis ensuite de génération en génération à cause de la faute initiale d ' Adam et d’Eve commise en présence du serpent, c’est-à-dire de Satan, puissance du Mal.

L’humanité a pu se satisfaire de cette raison donnée jusqu’à une période récente où les progrès d e la science et l'évolution des idées juridiques sur la responsabilité l’ont rendue incroyable autrement que sous forme d’allégorie et non plus de réalité. L’explication du Mal des sociétés humaines par le Péché originel procédait d’une cosmogonie selon laquelle le monde avait été créé en sept jours. La science n’autorisa plus cette croyance et notre sens de la Justice ne permet plus de comprendre qu'un Dieu juste ait pu vouloir punir l'humanité du péché originel commis par le premier homme et la première femme. Il le peut d’autant moins que notre logique, dégagée de la théologie, ne peut pas comprendre comment Adam et Eve ont pu, eux qui étaient des créatures d’un Dieu parfait, infiniment Bon, donc sans Mal, eux qui n’étaient pas des dieux, créer le péché ; il fallait la préexistence d’une puissance du Mal aussi forte que Dieu et l’inverse de Dieu pour avoir fait exister le Mal. Mais nous ne croyons plus, pour la plupart d’entre nous, au Diable, trouvant déjà assez difficile de croire en Dieu. Dieu est unique, sans égal maléfique. Comment se peut-il qu’Adam et Eve tous seuls, qui n’étaient pas des créateurs, aient pu créer le Mal ?

Si l’origine du Mal est difficile à expliquer, sa transmission l’est encore plus. Comment un Dieu infini - ment juste a-t-il pu commettre l’injustice de reporter sur les générations futures la faute des premiers hommes ? Un des principes fondamentaux de la Justice, aujourd’hui, est que l’on ne répond que de SA faute. Une peine perpétuelle s’arrête avec la mort du condamné : elle ne rejaillit pas sur ses enfants. A fortiori ne retombe-t-elle pas sur les enfants de ses enfants de siècle en siècle ? Enfin, s'il est permis de plaider pour Adam et Eve, leur faute était-elle si grave ? Manger une pomme au Paradis alors qu’il y en avait tant dans cet Eden, où est le dommage ? L’explication par le Mal du péché originel ne résiste pas à la critique moderne. Elle ne peut être gardée que comme une allégorie dont le sens échappe à la raison. On ne peut guère fonder sur elle la différence entre l’agressivité animale et la violence humaine.

Beaucoup plus près de nous, l’auteur d’une autre sorte de religion, Karl MARX, a attribué à l’infrastructure économique des sociétés capitalistes la source de la violence des masses prolétaires. Son ami ENGELS a sur ce point choisi une image physique pour expliquer la révolte de ces masses. De même que l’eau, quand on la chauffe, commence à s’évaporer à 80 degrés, de même, lui a-t-il semblé, il est inévitable que le prolétariat, quand il est l’objet d’une exploitation capitaliste par la classe dominante, devienne délinquant, et par conséquent auteur d’infractions violentes. Le fait lui paraissait aussi inévitable que le déterminisme des lois de la physique. De nos jours cependant cette explication paraît à beaucoup d’entre nous plus politique que scientifique. Elle ne donne pas la clef du pourquoi dans les sociétés capitalistes, il n'y a pas que les masses prolétaires qui soient violentes et délinquantes, mais également les classes bourgeoises. Elle n’explique pas bien non plus pourquoi la criminalité et la violence sociale existent aussi dans les sociétés non-capitalistes.

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MessageSujet: Re: Agressivité naturelle, et violence sociale "animal"   15/5/2011, 20:18

La violence sociale

Je ne crois pas que l’explication soit politique mais sociale. En réalité, quel que soit le type de société, du moment que celle-ci s'industrialise et s'urbanise, qu’elle devient ce que nous appelons une société développée par opposition aux sociétés en voie de développement, la violence grandit comme un sous-produit toxique, inévitable de l’industrialisation et de l’urbanisation.

Toutes les statistiques concordent pour montrer que, plus la taille d’une ville augmente, plus le taux de victimes de violence dans la cité s’élève. Les grandes concentrations urbaines, les mégalopoles, sont le lieu d’une violence sociale redoublée parce qu’elles ne sont pas naturelles. Cette manière des sociétés humaines de s’agréger sans fin dans les surpeuplements étouffants constitue une autre différence avec les sociétés animales. Celles-ci, sauf celles des insectes, ne créent pas, même quand les individus la composant sont nombreux, des entassements d’individus sur le même territoire comparables aux métropoles humaines. Des mécanismes de régulation naturelle limitent la densité du peuplement animal. Vous connaissez l’histoire des lemmings en Scandinavie : quand leur territoire devient trop peuplé, une partie abandonne le terrain, se rue à. travers les villes et les campagnes et va se jeter dans la mer par une sorte de suicide collectif, de sorte que les autres lemmings qui restent sur le territoire ancien ne le surpeuplent pas. Dans beaucoup d’autres espèces le remède est moins dramatique mais il est également efficace.

Quand la densité d '-occupation s’accroît à l’excès, une partie des individus du groupe, souvent constituée par les jeunes, s’en va et s’attribue un autre territoire , plus loin . Simultanément le taux de reproduction de ceux qui restent baisse, de sorte que, petit à petit, l’espèce rétablit son équilibre naturel de densité.

Le lien entre la violence sociale et les grandes villes des pays industrialisés me paraît dû à l’association d’un excès et d’une absence. Ceux qui peuplent les cités immenses sont, en quelque sorte, des intoxiqués. Ils sont, comme des drogués, mais, c’est étrange pour des drogués, à la fois en situation de surdose et de manque. Ils sont en situation de surdose parce que, d’un côté, les nuisances (le bruit, la pollution, le danger de l’insécurité) s’accumulent et que, en même temps, ils sont devenus par la presse, la radio, la télévision, témoins de toute la violence du monde, victimes d’un excès de messages de violence. Il n’y a pas une catastrophe naturelle, une invasion, un pogrom, un assassinat de chef d'Etat dont nous ne soyons pas informés ! En revanche, toutes les bontés du globe, tous les beaux gestes qui font pourtant aussi partie des nouvelles quotidiennes ne nous sont pas relatés. Ils n’ont pas le pouvoir sensationnel de nourrir notre angoisse, laquelle est liée à notre sentiment d’être perdu dans une indifférence presque générale. Nous sommes en situation de manque car, dans ces villes, l’anonymat de la multitude fait de nous des solitaires dans la rue, dans les transports en commun, dans les grandes surfaces, dans les bureaux et parfois jusqu’à la maison. Nous y manquons de sollicitude. Chacun résout - presque seul - ses problèmes.

La cause du léger déclin n’est pas un sursaut nouveau d’honnêteté et de paix sociale. Elle est sans caractère moral. Elle relève de la démographie. Elle réside dans un léger vieillissement de la population américaine. Il en va pour la violence criminelle comme des succès sportifs d’une nation et des médailles d’or aux Jeux olympiques. La tranche d’âge prévalence est la même : celle qui va de 18 à 25 ans. Quand cette tranche d’âge se réduit dans un pays, comme il arrive aux Etats-Unis, avec la fin des effets du précédent " Baby-boom", le taux de violence baisse dans le pays, si d’autres tranches d’âge ne prennent pas le relais. Dans la population européenne aussi, peut-être, s’il y a moins de jeunes adultes, y aura-t-il un jour moins de criminalité ?
A ce prix l’évènement est-il à souhaiter ? La question du vieillissement des populations dépasse le sujet de cette conférence.

Une troisième donnée à prendre en considération est le développement, dans les sociétés modernes, plus rapide de certaines formes de ruses que de violence.

Pour en revenir à la comparaison des sociétés animales et humaines, le pas pris par la ruse sur la violence est aussi une singularité de notre espèce.
La ruse existe, naturellement, dans le monde animal.

Tantôt elle y favorise les prédateurs qui marchent par exemple " à pas de loup" pour mieux surprendre leur proie. Tantôt les victimes potentielles y ont recours tel crabe se sert de ses pinces pour placer des lignes sur sa carapace et mieux se camoufler ; telle perdrix fait mine d’être blessée et se dirige dans une direction qui éloigne de sa progéniture l’attention du chasseur.
Mais l’éthologie montre peu d'exemples de ce qui est à comparer ici, c’est-à-dire la ruse à l’intérieur.

Il faudrait pouvoir, en conclusion, offrir un remède à l’ampleur contemporaine de la violence des sociétés humaines développées. Hélas, la répression des actes de violence criminelle qui est moralement et socialement indispensable ne produit pas d’effet intimidant assez fort pour provoquer la régression de ce fléau. Les causes sociales, économiques, culturelles, voire politiques, sont trop puissantes pour que la perspective d’une peine, si forte puisse-t-elle être, suffise à prévaloir contre elles.

Mon espoir réside dans plus de justice. Le combat contre les injustices de nos sociétés s’impose certes, en soi. Il constitue un devoir essentiel de nos générations. Mais, plus que les réflexes répressifs inspirés par la peur, il est de nature à réduire la puissance de certaines des causes de la violence contemporaine.

Jacques LÉAUTÉ
Professeur à l'Université de Droit, d'Économie
et de Sciences Sociales de Paris
Directeur de l'Institut de Criminologie


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