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 Cervelle de moineau

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Kipik
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MessageSujet: Cervelle de moineau   11/3/2011, 01:34

Science qui rit

Langue de vipère et œil de biche

Isabelle Brisson

"Les dessous scientifiques des métamorphoses animalières"


Cervelle de moineau

Les vertébrés que nous sommes peuvent a l’occasion posséder ce que nous appelons familièrement une "tête de Linotte", "d’étourneau" ou encore "une cervelle d’oiseau".Toutes ces expressions désignent en effet un esprit faible et instable.
Nous verrons cependant qu’il n’y a aucune raison de déprécier les volatiles et que chez les mammifères dont nous sommes, le cerveau - qui est loin d’être totalement décrypté – est à peu près organisé de la même manière que chez les animaux à plumes.

Pourquoi la cervelle des volatiles a-t-elle été choisie pour dénommer les faibles d’esprit ? Sans doute parce ces animaux sont mobiles et de petite taille. Un choix parfaitement injuste, d’autant que nous savons aujourd’hui que la taille du cerveau n’a rien à voir avec l’intelligence. Nous avons aussi appris que les oiseaux ont un cerveau, alors que l’éponge et l’oursin n’en ont pas du tout et que l’étoile de mer ou la méduse disposent seulement de quelques neurones dispersés dans le corps. Alors ne pourrait-on dire "bête comme une étoile de mer ou une méduse" ? Par ailleurs, la méduse est assimilée à la pieuvre qui sont toutes deux réduites à attacher les valises sur le toit des voitures dans notre vocabulaire alors que la pieuvre devrait figurer comme une "grosse tête" compte tenu de ses capacités cognitives exceptionnelles. Sa cervelle, comme celle des autres céphalopodes (seiche et calmar), est encore plus évoluée que celle de certains vertébrés. Elle emploie en effet deux techniques différentes pour la chasse en fonction de ses proies : les coquilles Saint-Jacques et les crabes. Oui, vraiment, la langue française ferait bien de réviser son vocabulaire ! Parce que l’oiseau a vraiment de la cervelle. À commencer parle corbeau et la corneille, pour ne citer que ceux-là. Après de nombreuses études, la corneille de Nouvelle-Calédonie a été élevée au même rang que les primates pour sa capacité à réaliser des outils standardisés et à savoir s’en servir.

Chez nous, des concentrations de corneilles dans les jardins publics prouvent bien que ces animaux sédentaires particulièrement intelligents se sont adaptés aux grandes villes. Elles savent y percer les sacs plastiques des poubelles quand elles n’entrent pas carrément dedans pour trouver de la nourriture. Les plus culottées d’entre elles s’approchent tellement près des enfants que certains parents croient qu’elles vont leur voler leur goûter. De même que les goélands et les pigeons ramiers, ces oiseaux ont compris que les villes sont plus abritées que les campagnes. Qu’ils y bénéficient d’une meilleure température et ne risquent pas de se faire dévorer par des prédateurs tels que les faucons pèlerins, les aigles et les grands-ducs qui les menacent à la campagne. Sans oublier que l’oiseau descend probablement du fameux vélociraptor, un dinosaure carnivore qui employait déjà au Jurassique ses capacités cognitives à chasser en groupe. Un comportement social qui demande pour le moins de la suite dans les idées ! Et qui est partagé par beaucoup d’animaux : les oiseaux, les poissons et de nombreux mammifères dont les baleines qui sont les seules à avoir inventé le filet de bulles pour chasser. La vie en groupe permet de s’adapter aux conditions du milieu, d’éviter les prédateurs ou de mieux exploiter les ressources alimentaires. C’est sans doute pourquoi les animaux qui la pratiquent ont pu développer des stratégies collectives en relation avec des capacités cognitives complexes et notamment celle de mémoriser des situations et des individus. De récentes études scientifiques montrent que certains mammifères qui passaient pour des « cervelles de moineaux » ne le sont vraiment pas. En effet, le mouton d’apparence peu expressive (doux et docile) "a de la tête" en plus de savoir reconnaître et anticiper. Ces deux dernières capacités étant partagées avec les bovins et les chevaux qui ont aussi des comportements intentionnels. Une étude publiée en 2001 dans la revue Nature a montré que le mouton reconnaît son congénère familier (de face et de profil) jusqu’à concurrence de cinquante individus et se souvient de son faciès pendant plus de deux ans. Cette capacité associée à des réactions vocales spécifiques laisse en outre penser aux éthologues qu’il éprouve des émotions. Quant à l’éléphant réputé pour sa légendaire mémoire, celle-ci vient d’être encore une fois testée chez lui en 2007 dans les Procee-dings of the Royal Academy. Elle lui permettrait de mémoriser jusqu’à une vingtaine d’individus. De leur côté, l’escargot et l’aplysie (une limace de mer) s’inscrivent également sur la liste des animaux à qui nous pourrions "tresser des couronnes " ou donner des récompenses pour la qualité de leur mémoire. À l’instar du crapaud et du grillon qui gardent un court moment en tête la direction de la rive d’où ils viennent quand ils sautent à l’eau. Les fourmis, les termites et les abeilles vivent en sociétés élaborées et se répartissent les tâches dans le groupe. La scolopendre ou mille-pattes met " souvent un pied devant l’autre" pour réaliser de bonnes performances, à raison d’ensembles de vingt à trente à la fois. Pourtant, curieusement, s’il est toujours maître de sa vitesse du point de vue du cerveau et de la mécanique des pattes, plus il avance vite, moins il en utilise. Et entre parenthèses le record absolu du nombre de ces membres locomoteurs est loin de faire le compte, il est détenu par un scolopendre californien de sept cent cinquante-deux pattes. Enfin, et si après lecture de ce texte il vous prenait l’envie de "donner des noms d’oiseaux" ou d’insulter ceux qui nieraient encore l’intelligence des bêtes, ce serait justice. Cela montrerait que vous avez assimilé le message délivré dans ce texte et que vous ne pouvez certainement pas être classé dans la catégorie "cervelle d’oiseau ".

Le cerveau humain

Chez tous les mammifères, le cerveau est à peu près organisé de la même manière. Les informations que les cinq sens lui envoient sont interprétées dans des aires spécialisées. Unique pour sa plasticité, cet organe est le résultat d’une longue évolution des gènes, cette dernière pouvant être en interrelation avec le milieu dans lequel les organismes vivent. Au cours de l’évolution, le cerveau s’est complexité et c’est seulement chez l’homme que le larynx s’est dégagé pour donner naissance au langage. Chez le bébé, l’activité cérébrale est déjà intense à six mois, mais c’est seulement à dix-huit mois qu’il possède la conscience de lui-même. Une capacité que les humains partagent avec les grands singes, les éléphants et les dauphins chez les mammifères. Et peut-être avec les pies chez les corvidés. La récente étude (2008) de psychologues allemands qui viennent de faire passer avec succès le test du miroir à quelques-uns de ces oiseaux sera confirmée. Les scientifiques démontrent la conscience de soi quand les intéressés reconnaissent leur image dans le miroir. Il suffit pour cela de marquer leur corps d’une tache et d’observer s’ils l’ont repérée en se regardant dans le miroir. La matière grise de l’homme fonctionne avec cent milliards de neurones, ce qui n’empêche pas certains animaux d’imiter, d’innover et d’apprendre avec seulement deux cent soixante-dix millions de neurones. Apparemment ce ne serait pas leur quantité qui serait importante, mais leur capacité à se connecter et à fonctionner par vagues successives qui émergent et se dissolvent régulièrement dans le cerveau, comme l’a si bien démontré le neurobiologiste Francisco Varela.

Isabelle Brisson
Eyrolles.2009.



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