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 L’ expression des émotions chez l’homme et l’animal

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Kipik
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MessageSujet: L’ expression des émotions chez l’homme et l’animal   25/1/2010, 19:47

L’ expression des émotions chez l’homme et l’animal

Le langage du corps est un outil de communication puissant. En effet, consciemment ou inconsciemment, nous recevons et envoyons constamment des signaux non verbaux. Ces composantes de la communication non-verbale comme la position du corps, les gestes, l’expression du visage, le regard ou encore le ton de la voix communiquent un ensemble d’informations, dont notre état émotionnel.

Prenons par exemple un signal distinctif émotionnel bien connu : le sourire. Il indique souvent à autrui que l’on ressent de la joie ou du plaisir. Pourtant, voir quelqu’un sourire peut traduire une grande variété d’états émotionnels (la fierté, le soulagement, la satisfaction ou même l’anxiété). Une personne peut aussi faire semblant de sourire alors qu’elle n’est pas contente, et elle peut aussi être contente sans vouloir le montrer par un sourire. Ainsi, nous pouvons également essayer de simuler (feindre) ou de ne pas montrer nos émotions. Aussi, le sourire peut être utilisé pour souligner quelque chose de positif sans que la personne ne ressente nécessairement une émotion.

Aspects historiques


Charles Darwin n’a pas été le premier à s’intéresser aux expressions émotionnelles. À son époque, un certain nombre de scientifiques avaient déjà écrit sur le sujet, notamment en France (Guillaume Benjamin Armand Duchenne de Boulogne, 1806- 1875), en Allemagne (Theodor Piderit, 1826 -1898), et en Angleterre (Charles Bell, 1774 -1842). Cependant, ces écrits manquent d’explication concernant l’origine et la nature des expressions émotionnelles.

L’idée originale de Darwin fut de s’inspirer de ses propres travaux sur l’évolution biologique des espèces pour comprendre les expressions émotionnelles. L’idée centrale de son oeuvre est qu’il existe une continuité entre l’animal et l’homme, c’est-à-dire que les similitudes observées entre les hommes et les animaux peuvent, en partie, être expliquées par l’héritage biologique d’un ancêtre commun. Les expressions émotionnelles font partie de cet héritage. Cette idée expliquerait pourquoi la plupart des expressions émotionnelles sont universelles et sont présentes chez tous les hommes, indépendamment de leur culture.

Les travaux de Darwin ont provoqué de vives controverses sur les liens entre l’homme et l’animal.
A l’époque, les idées dominantes étaient largement influencées par la religion, qui fait une distinction très nette entre l’homme (pourvu d’une âme, de langage, de conscience, et de pensées nobles) et l’animal (esclave des instincts lesplus bas). Les idées de Darwin ont été très mal accueillies par ses contemporains et leur impact sur la communauté scientifique ne s’est fait ressentir qu’un demi siècle plus tard.
À l’heure actuelle, et malgré les développements scientifiques modernes, la controverse qui entoure les liens entre l’homme et l’animal est toujours présente dans le débat entre l’approche des sciences sociales (sciences humaines, sociologie, psychologie « traditionnelle ») et l’approche évolutionnaire du comportement humain (éthologie humaine, psychologie évolutionnaire, et écologie comportementale). Bien qu’il ait été démontré à maintes reprises que le comportement est le fruit d’interactions continues entre le patrimoine génétique d’un individu et son environnement, beaucoup de scientifiques ont encore tendance à sous-estimer les aspects biologiques du comportement humain par rapport aux aspects culturels.

Principes de base de l’évolution


L’évolution biologique est un processus de diversification des espèces animales et végétales au cours du temps. Pour expliquer ce processus de changement, Darwin a avancé la théorie de la sélection naturelle, théorie qui s’organise autour de trois principes de base :

  • Variation : les individus d’une population montrent toujours des variations dans leurs traits morphologiques, physiologiques, ou comportementaux. L’ensemble de ces traits est appelé le phénotype.


  • Héritabilité : la variation entre les individus est héritable, c’est-à-dire, cette variation va être transmise d’une génération à l’autre (en d’autres termes, les gens ont tendance à ressembler plus à leurs parents qu’à d’autres personnes dans la population).


  • Adaptation : certains traits confèrent aux individus qui les portent un avantage par rapport aux individus qui ne les portent pas. Ces avantages sont liés à la survie, par exemple un trait qui facilite la défense contre les prédateurs, et à la reproduction, par exemple un trait qui facilite la découverte et le choix d’un partenaire sexuel.
La conséquence de ces trois principes est que certains individus vont survivre et se reproduire de manière plus efficace et vont donc laisser plus de descendants que d’autres. Ces descendants vont hériter de ces traits avantageux et vont être considérés comme étant mieux adaptés à l’environnement. Au cours des générations, il est possible que certains traits disparaissent parce qu’ils ne procurent pas d’avantage à celui qui les porte, ou que de nouveaux traits se multiplient parce qu’ils sont particulièrement avantageux pour les individus. Le changement de fréquence de certains traits par rapport à d’autres explique pourquoi on observe des changements morphologiques, physiologiques, et comportementaux au cours du temps. On appelle l’ensemble de ces changements, l’évolution.

L’évolution des caractéristiques morphologiques et physiologiques est en général bien acceptée par le grand public. Cependant ces deux types de traits ne sont pas les seules entités à évoluer. En effet, des travaux en psychologie animale (éthologie) ont montré que des coordinations motrices simples (des comportements) pouvaient aussi être transmises d’une génération à l’autre. Puisque nous, humains, sommes aussi sujets à l’évolution biologique, il n’y a pas de raison pour que ça soit différent pour nous. Par exemple, des études de psychologie montrent que les expressions du visage ont une forte composante héréditaire, celles-ci pouvant apparaître chez un individu sans même qu’il ait observé quiconque auparavant (par exemple chez les enfants aveugles).

Les principaux modes d’expression recensés par Darwin sont l’émission de sons (par exemple des vocalisations), les postures et les expressions du visage. A cela on pourra ajouter les signaux olfactifs (par exemple les phéromones) et tactiles (par exemple le toucher). Darwin a lancé l’idée, maintenant très répandue, qu’à chaque état émotionnel correspond une expression particulière, par exemple le sourire pour la joie ou le soulèvement des sourcils pour la surprise. Ces idées sont cependant remises en question par les recherches actuelles qui montrent que les expressions émotionnelles sont très flexibles et dépendent notamment du contexte social dans lequel se trouve la personne.

A la lumière de la théorie de Darwin, on peut dès lors se demander quel avantage nous procurent les expressions émotionnelles.
Plusieurs études suggèrent que ces expressions sont essentielles à nos relations sociales et que sans elles nous ne pourrions pas vivre en société. Grâce aux expressions émotionnelles, il nous est possible de communiquer nos émotions, dispositions, intentions et nos attitudes mais aussi de lire celles des autres. Les expressions émotionnelles jouent un rôle important dans la formation de relations stables, par exemple entre une mère et son enfant ou dans les relations romantiques et amicales. Dans la mesure où ces relations forment le ciment de notre société, les expressions émotionnelles sont donc indispensables à l’organisation sociale.

Relations Homme-Animal


Quand on dit que « l’homme descend du singe », on entend montrer la continuité qu’il existe entre l’homme et l’animal. En effet, il y a quelques millions d’années a existé un animal qui pourrait être l’ancêtre commun entre l’homme et les chimpanzés actuels. Sur l’arbre de l’évolution, les chimpanzés et bonobos sont en fait nos plus proches cousins, avec lesquels nous partageons environ 98% de notre patrimoine génétique. Dès lors, il n’est pas surprenant que nous partagions aussi avec eux nos principales expressions émotionnelles !
L’argument de descendance commune

Dans son livre « L’expression des émotions chez l’homme et les animaux », Darwin a non seulement avancé que tous les humains ont un répertoire commun d’expressions émotionnelles, mais aussi que les animaux ont une vie émotionnelle. Bien que chaque espèce ait une façon particulière d’exprimer les émotions, Darwin a fourni plusieurs exemples qui montrent des parallèles évidents entre les expressions humaines et animales, notamment dans les signaux vocaux et visuels. Darwin a par exemple montré que les animaux réagissent émotionnellement à des situations qui provoquent aussi des émotions chez les humains. Des recherches actuelles, notamment chez les primates, continuent de mettre en évidence ces ressemblances. Montrer que les émotions ne sont pas uniquement présentes chez les humains mais aussi chez les autres animaux est un des aspects les plus importants de la théorie évolutionnaire. En réalité, une grande partie des travaux effectués sur les bases biologiques des émotions a été réalisée chez l’animal.

Pourquoi certaines émotions sont elles associées à certaines expressions ou comportements ?

Darwin a défini trois principes pour expliquer l’apparition d’une expression chez un individu :

  • Le principe des habitudes (ou routines) utiles au maintien de l’individu : certains mouvements complexes apparaissent quand la personne est dans un état d’esprit particulier pour soulager ou satisfaire certaines sensations ou certains désirs. Chaque fois que cet état d’esprit est activé, la personne a tendance – sous la force de l’habitude – à exécuter les mêmes mouvements. Ces mouvements peuvent, ou non, être sous le contrôle de la volonté.


  • Le principe d’antithèse : En suivant le premier principe, lorsqu’un état d’esprit opposé à celui présent est activé, la personne a tendance a exécuter un mouvement dont la forme est directement opposée à celle présente au départ.


  • Le principe d’activation du système nerveux central : La simple excitation nerveuse peut produire des mouvements expressifs importants. Ces actions sont indépendantes de la volonté et ne sont pas routinières.

Darwin a expliqué que les chiens soulèvent leur lèvre supérieure dans une réaction hostile envers un autre animal, et par ce fait exposent leurs dents dans un mouvement de préparation à l’attaque (principe des habitudes). Cette action a été préservée au cours de l’évolution en tant que mouvement servant à montrer la taille des canines et dès lors à décourager des adversaires potentiels de l’attaquer.
De manière similaire, la posture érigée du chien a pour effet de le voir apparaître plus grand et dès lors plus fort et plus puissant. Au contraire, lorsque le chien est affectueux ou soumis il apparaît avec la queue et le corps recourbés. Cette posture s’oppose à la posture agressive car elle exprime une émotion opposée (principe d’antithèse). Ces comportements expressifs sont généralement accompagnés de réactions physiologiques incontrôlables comme les tremblements, la transpiration, la tension musculaire, l’érection des poils ou la sécrétion de larmes (principe d’activation du système nerveux central).

Bien que ces trois principes ne soient plus utilisés actuellement tels qu’ils ont été proposés par Darwin, ils ont ouvert la voie à de nombreuses recherches sur les expressions émotionnelles. Par exemple, le principe des habitudes et le principe d’activation sont à la base des courants de recherche actuels en éthologie ou en psychophysiologie. Les travaux inspirés des idées de Darwin suggèrent que, par l’association entre une réaction comportementale et l’effet de cette réaction sur les autres, ces expressions émotionnelles ont évolué pour devenir des signaux sociaux nécessaires à la communication entre individus d’une même espèce ou d’espèces différentes. Par ce processus, la communication entre homme et animal est grandement facilitée. Parmi les autres thèmes de recherche hérités des travaux de Darwin on peut citer la question du contrôle volontaire du comportement non-verbal, celle de l’universalité des expressions émotionnelles et celle de l’héritabilité des comportements.

La compréhension des expressions émotionnelles entre l’homme et l’animal

La continuité entre les espèces implique que les hommes et les animaux peuvent réagir de manière similaire dans des situations semblables. Cette similitude nous aide à mieux comprendre les réactions des animaux car nous utilisons nos propres schémas mentaux pour interpréter le sens de leurs comportements. Ceci peut nous aider dans la vie de tous les jours à mieux comprendre les animaux et dès lors à améliorer nos relations avec eux. Par ailleurs, les ressemblances entre les expressions des hommes et des animaux peuvent conduire à de mauvaises interprétations. Une ressemblance de comportement entre homme et animal peut être expliquée par deux types de phénomène: l’homologie et l’analogie.

  • On parle d’homologie quand un comportement est hérité génétiquement d’un ancêtre commun (par exemple les expressions faciales). Le fait que deux comportements soient homologues ne veut pas nécessairement dire qu’ils remplissent les mêmes fonctions chez les deux espèces. Par exemple, l’action du zygomatique (le muscle qui active le sourire) peut avoir une fonction différente chez le macaque et chez l’homme, bien que cette action soit vraisemblablement un héritage commun chez les primates.
• On dit qu’il y a analogie entre deux comportements quand ces comportements sont apparus indépendamment l’un de l’autre au cours de l’évolution en réponse à des pressions sélectives semblables. Dans ce cas, deux espèces peuvent avoir développé des comportements similaires parce qu’elles ont vécu dans des conditions environnementales similaires. Par exemple, le fait que le macaque japonais lave ses pommes de terre avant de les manger (tout comme nous d’ailleurs) reflète le besoin d’éviter les parasites, besoin qui est aussi présent chez l’humain, ce qui a conduit à des pratiques similaires chez les deux espèces.

Les animaux domestiques et les grands singes (comme le chimpanzé) réagissent aussi à nos expressions émotionnelles. La psychologue russe Nadezhda Ladygina-Kohts (1890-1963) est connue pour avoir élevé un jeune chimpanzé dans les années trente. Elle a ensuite écrit un ouvrage qui fait une comparaison très précise entre ce jeune chimpanzé et son enfant. Kohts a notamment décrit un grand nombre d’émotions et attitudes chez le chimpanzé, allant de la jalousie à la culpabilité, en passant par l’empathie et la loyauté. Une anecdote raconte qu’un jour, le chimpanzé s’est réfugié sur le toit de sa maison et ne voulait plus en descendre.
Le seul moyen que Kohts a trouvé pour le faire descendre a été de s’accroupir, la tête entre les mains et sangloter comme si elle était triste. Le jeune chimpanzé est alors descendu du toit à toute vitesse et est venu passer le bras autour d’elle comme pour la consoler. Ceci suggère que le chimpanzé comprend les réactions émotionnelles des humains et est capable d’y réagir de manière appropriée.

Des recherches plus récentes montrent que les dauphins et les éléphants aussi ont les capacités nécessaires à l’empathie. Ces espèces ont en commun qu’elles vivent en groupe et qu’elles ont un besoin vital de comprendre les dispositions, attitudes, et états émotionnels de leurs congénères.

Les relations entre homme et animal, une longue histoire...

Les relations entre hommes et animaux existent depuis que l’homme est apparu dans l’arbre de l’évolution. A travers l’histoire humaine, les rapports homme-animal ont pris différentes formes, comme la chasse (dans les deux sens...), les rituels religieux, l’élevage, l’expérimentation, etc. De temps à autre, la complémentarité entre les besoins des hommes et des animaux a découlé sur des relations dites « mutualistes » (ou coopératives). Par exemple la présence de chats dans une ferme a aidé les agriculteurs à limiter les dégâts causés aux récoltes par les rongeurs. D’autre part, les chats ont préféré vivre aux alentours de cultures car ils y trouvaient facilement des proies. Les rapports entre homme et animal n’ont cependant pas toujours été de nature coopérative et ont parfois découlé sur de l’exploitation. En effet, l’utilisation des animaux est passée par une période de domestication durant laquelle les animaux ont perdu peu à peu le contact avec leur racine « sauvage » pour devenir complètement dépendants des activités humaines (par exemple l’industrie alimentaire, l’expérimentation animale, les concours de prestige). Dans ce cas, les animaux sont « sélectionnés » pour les caractéristiques physiques et comportementales qui sont avantageuses pour l’être humain (et pas nécessairement pour l’animal en question). Ces caractéristiques sont par exemple la production de lait ou de viande, l’agressivité, la beauté du poil, ou simplement l’aspect « mignon » de la tête et du corps. Un autre type de relation homme-animal très développé dans les sociétés occidentales est l’attachement émotionnel qui découle du besoin de compagnie. Les humains développent souvent des liens assez forts avec leurs animaux domestiques, liens qui ne sont pas sans rappeler ceux que l’on crée avec d’autres personnes.
Dans nos contacts quotidiens avec les animaux nous profitons donc de notre patrimoine évolutif commun pour communiquer efficacement nos besoins et émotions.

Aspects inter-culturels des expressions émotionnelles

Tous les humains vivant sur cette planète sont les descendants d’une petite population de chasseurs-cueilleurs génétiquement apparentés. Ceci explique pourquoi l’espèce humaine est relativement homogène d’un point de vue génétique, malgré l’expansion rapide de l’homme moderne (Homo sapiens) sur la Terre. L’homogénéité de l’espèce humaine est apparente dans les structures morphologiques (ou corporelles) mais aussi dans les comportements (puisque ce derniers sont aussi le fruit de l’évolution biologique).
Certains chercheurs ont en effet observé des répertoires d’expressions similaires d’une culture à l’autre. Par exemple, en s’inspirant des travaux de Darwin, les psychologues Pauk Ekman et Wallace Friesen ont montré que certains mouvements faciaux sont produits et reconnus comme étant les mêmes expressions émotionnelles dans des cultures différentes. Par ailleurs, les travaux de l’éthologiste Autrichien Ireneaus Eibl-Eibesfeldt ont montré que les gens de différentes cultures utilisent la même ex-pression faciale pour se saluer : un soulèvement bref des sourcils.
Bien que le caractère structurel de certaines expressions (comme par exemple le sourire, ou le froncement des sourcils) soit partagé par la plupart des êtres humains, il existe des différences culturelles quant à la manière dont ces expressions sont utilisées dans la vie de tous les jours. Il y a en effet des normes qui sont spécifiques à la culture et qui déterminent la manière dont ces expressions émotionnelles sont montrées dans les relations sociales. Ces normes, appelées en anglais « display rules », sont acquises par apprentissage pendant la longue période de socialisation.
Des recherches ont montré que les adultes Américains de type caucasien étaient beaucoup plus expressifs envers les autres que des adultes Japonais. Des recherches menées sur des enfants de 11 mois ont aussi relevé des différences inter-culturelles montrant que les Chinois étaient moins expressifs que les Japonais et les Américains de descendance Européenne.

En conclusion, malgré le fait que les expressions émotionnelles soient partagées par tous les humains, les circonstances d’apparition de ces expressions varient en fonction de la culture et du type de socialisation reçue.

Développement du comportement expressif

Certains comportements expressifs sont présents dès la naissance, et peut-être même avant !
Au cours des premiers mois de la vie, l’enfant n’exprime qu’un faible nombre d’émotions (joie, peur, tristesse, dégoût), le plus souvent en réaction à des changements au niveau de son corps (le bébé pleure lorsqu’il a faim, il sourit quand on le caresse, ou le regarde etc.). Au fur et à mesure qu’il grandit, ses expressions vont devenir de plus en plus nombreuses, variées, complexes et nuancées. Ceci témoigne du fait que l’environnement social de l’enfant se diversifie progressivement, il ne rencontre plus seulement ses parents, mais aussi des frères et soeurs, d’autres enfants de son âge, et d’autres adultes. Après seulement quelques mois de vie, l’enfant est donc capable de produire des expressions en réponse à des stimulations de son entourage.
Les 3 premiers mois de vie sont caractérisés par l’irrégularité : le sommeil, l’alimentation, les expressions et émotions sont encore instables. Les premières expressions apparaissent de manière quasi automatique en réponse aux changements physiologiques (par exemple faim, douleur, hormones). Progressivement, les rythmes se stabilisent (respiration, sommeil), permettant aux organes sensoriels et moteurs de poursuivre leur développement.
De 3 à 6 mois, l’enfant devient de plus en plus sensible à son environnement extérieur. En plus des odeurs, il réagit maintenant aux images et aux sons qui l’entourent par des expressions de plus en plus conscientes,volontaires et complexes. Les visages l’intéressent plus particulièrement (il est fasciné, attiré). C’est une grande période d’interactions en face à face. Il faut dire qu’à cet âge, l’enfant est entouré de personnages étranges qui arborent des expressions caricaturales, exagérées, prototypiques de la culture. Puis, peu à peu, le bébé découvre la mobilité… À partir de là, son intérêt particulier pour les visages diminue.
Entre 7 mois et 1 an, l’enfant apprend à maîtriser son corps et acquiert plus de contrôle. Ses expressions deviennent plus
intentionnelles et sélectives, et il est même capable de les moduler volontairement. Autour du 10ème mois, l’enfant découvre la causalité… Il remarque que ces expressions ont un effet sur son entourage. C’est à partir de cet âge qu’il commencera à utiliser ses expressions de façon instrumentale, par exemple en exagérant ses pleurs pour faire venir sa maman.

En résumé, le comportement expressif de l’enfant se développe et évolue de façon rapide et importante au cours des premiers mois de la vie. Ce développement se caractérise par une diversification progressive des expressions et de leurs causes directes. Par ailleurs, les expressions deviennent de moins en moins stéréotypées, spontanées et réflexives. Elles ne répondent plus uniquement aux besoins, envies et motivations de l’enfant et deviennent au contraire contrôlables, c’est-à-dire volontaires, intentionnelles et même modifiables. Elles sont maintenant des outils de communication à part entière.

Textes : Dr Marc MEHU, Dr Benoît BEDIOU, Nele DAEL,
Pôle de Recherche National (PRN) en Sciences affectives, Centre
Interfacultaire en Sciences Affectives (CISA), Université de Genève

Septembre 2009

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.7 Milliards de perpendiculaires et 264 espèces de singes.
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
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